08 juin - Etape 11 : Durrès (Albanie) - Kotor (Monténégro) 280 km



on y était : 



La nuit a été courte. Des touristes russes se sont installés sur le palier pour fumer et discuter. 
L'odeur de cigarette pénétrait dans la chambre. Le matelas a agressé le dos de Philippe estafilé maintenant sur 15 cm??!! un ressort récalcitrant sans aucun doute.

Petit déjeuner épique où il a fallut expliquer que nous avions faim mais que les concombres tomates et autres oeufs durs saucisses ne convenaient pas à des français. Ils ont fini par nous trouver du pain et une sorte de confiture deQuestion Question Question excellente.

Au moment du check-out notre serveur-sommelier de la veille nous a offert une bouteille d'eau fraîche pour la route. Vraiment sympa les albanais. Le patron de l’hôtel ainsi que quelques employés resteront sur le perron de l'établissement pour nous saluer une dernière fois au moment où nous quittons le parking.

Avant de partir, Philippe observe les mécaniques qui ne semblent pas souffrir des mauvais traitements de la route. Les quelques gouttes d'eau tombées la veille à notre arrivée ont permis à la poussière de se coller davantage à nos fidèles montures qui sont maintenant dans un sale état : 





Encore une étape époustouflante : 150 km de route albanaise : encore 50 km de route sans revêtement digne de ce nom.





les pauses sont nombreuses 







Dans l'ensemble l'angoisse est moins palpable que la veille, nous savons à quoi nous en tenir et nous sommes sur le chemin de la sortie.
La circulation sur les portions bitumées est très anarchique. La route se partage entre des grosses Mercedes aux vitres teintées, des charrettes tirées par des ânes, des mobylettes chargées d’énormes ballots. 
En bordure de route, des stands de vendeurs ambulants équipés d'un simple parasol et d'un tabouret proposent des pastèques, ou encore des sacs de pomme de terre. D'autres sont devant un aquarium contenant une grosse carpe vivante. Des enfants proposent en les levant bien haut, des brochettes de cerises ou encore un pot de miel. 
Certains axes traversant des agglomérations sont très récents. Les 2 voies de circulation sont séparées par un parapet central et un mur d'enceinte de 1,5 mètre isole l'autoroute des immeubles d'habitation. 
Des grappes de piétons attendent patiemment le J7 hors d'âge transformé en bus, sur la bande d'arrêt d'urgence. Quand le transport en commun apparaît à l'horizon d'autres usagés s'empressent de sauter le parapet central pour ne pas manquer le prochain départ. 
La marée chaussée, équipée de jumelles et de radars est systématiquement embusquée derrière chaque panneau de limitation de vitesse. Même sur les chaussées défoncées indiquées à 30 Km/h
On ne compte plus les stations service faisant hôtel (de luxe) sur ces tronçons bitumés.
Puis c'est à nouveau le chaos. La route se désintègre. Certains locaux remontent les files de véhicules ralentissant devant les trous, par la droite, à fond les ballons. Chaque dépassement provoque un nuage de poussière tamisant une grisaille sur tout le paysage environnant.

Les petites villes traversées sont noires de monde. La aussi le revêtement a dû exister un jour. L'artère principale bien qu'en très mauvais état ressemble à un billard quand notre regard s'évade dans les rues adjacentes où des sillons creusés par des ruissellements de pluies violentes, ressemblent à des canyons.

A un coin de rue, au milieu de ce fatras, un homme tient au bout d'une corde un veau la vache! . 
Un autre face à lui habillé d'un tablier fatigué tient dans sa main un énorme couteau... inutile de vous raconter la scène suivante. pale puker 

Enfin la Frontière. Le dernier kilomètre est lui aussi sans revêtement... pas content 2 . Jusqu'au bout marre! 

P6080547





l'homme (ce n'est pas un douanier non non ) qui se tient devant la guérite entame immédiatement le dialogue, s'adressant exclusivement à Philippe. Il désigne du doigt nos scalas puis porte sa main devant sa bouche pour mimer une conversation. Et Philippe lui répond : Yes, she's my wife. She's a girl so : blablabla en imitant son geste

l'homme se tourne vers moi, porte son regard vers l’Albanie, puis revient sur nous et nous regarde admiratif en s'exclamant : woman !!! tout en levant son pouce bravo - Suis un peu fière de moi quand même Vive moi 





A peine passés la frontière, nous avons embrassé l'asphalte du Monténégro.




observez l'état de nos motos après cette traversée. même pas une station carwash à la frontière : pssss lamentable Mort de rire 

Nous passons sur les bords du lac de Skadar abritant d'importantes colonies d'oiseaux d'eau
le lac ressemble a un immense tapis de verdure tellement les jacinthes, laitues d'eau et nénuphars sont denses.





Premier village traversé, nous repérons une boulangerie où nous achetons des chaussons fourrés de fromage de brebis et d'épinard (boreck) et des boissons fraîches.
Nous nous posons pour déjeuner dans une clairière parsemée de pins nous offrant l'ombre nécessaire à une pause bien méritée.




Ce pays est très montagneux, les paysages vertigineux s'ouvrent devant nous. La montagne se jette littéralement dans la mer. Nous retrouvons l'odeur des arbustes bordant notre parcours.
Nous avions programmé un point de chute à Pétrovak.







Le bord de mer et les hôtels ne nous emballent pas plus que ça. il est relativement tôt dans l'après midi et nous prenons la décision d'avancer pour loger en baie de Kotor.
En revenant vers nos motos, un couple avec un petit garçon s'approche de nous. Ils sont serbes nous demandent d'où on vient. Philippe attrape le petit bout pour le déposer sur sa selle. L'enfant sourit et les parents nous remercient. 

Nous reprenons la route côtière :

voici sveti stefan :

P6080559

(ndlr : study nous apprendrons à notre retour en France que l'intégralité des maisons de pécheurs composant cet îlot a été achetée en 1950 pour transformer ce village en complexe hôtelier pour les VIP. Les célébrités king queen ont été nombreuses à séjourner dans ce lieu nommé à juste titre la perle de l'adriatique)






L'arrrivée en baie de Kotor a été ponctuée d'un nouveau callage de ma moto, et philippe a dû me pousser pour dégager la route devant les policiers faisant la circulation. En tout cas après toute cette poussière nous avons cherché le plus bel hotel de la baie pour nous ressourcer. Nous avons suivi les panneaux indiquant un hotel Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven Like a Star @ heavenLike a Star @ heaven 
pour arriver là :










je vous promets qu'on était un peu honteux de toute la crasse qui recouvrait nos personnages quand nous sommes entrés dans le hall pour demander si on pouvait dormir ici.

l’hôtel proposant un restaurant 1 toque tout à fait convenable, nous ne ressortirons pas de cet idyllique endroit ce soir.


Nous visiterons la ville de Kotor demain matin, l'étape suivant étant très courte nous prendrons notre temps demain.

Le serveur de l'établissement nous collera toute la soirée pour nous parler de l’Albanie "what a strange country"
de la flotte militaire monténégrine paradant dans la baie en fin d'après midi : what"s hapening? is it the War?





Au récit de notre parcours, il ajoutera encore "born to be wild" (aurait il de la famille tenant un bar sur la plage d'asprovalta...)
Il a été notre photographe officiel pendant toute la soirée









Il ira même faire un tour sur le parking pour voir nos destriers tout crottés à la fin de son service.