Mardi 14 Juin - Etape 17 : Augsburg (Allemagne)-Ribeauvillé (France) 358 km



A peine sommes nous partis de Augsburg que le ciel est devenu menaçant. Etant sur l'autoroute, nous ne pouvions pas nous arrêter n'importe où pour revêtir nos combines. Et La pluie dense est arrivée sur nous. Vite voila une sortie, la route est un véritable miroir. A droite, après la sortie se trouve une entrée bitumée de chemin forestier. Philippe est devant, il s'arrête à la limite du bitume, la chaussée est glissante et sa roue avant décroche. Déséquilibré, il pose le pied droit sur le bas côté non stabilisé où s'est formée une flaque d'eau d'une dizaine de cm de profondeur entre herbe et bitume. La moto a pris trop d'angle et son poids l'entraine au sol. Philippe est déjà debout. Le monstre est maintenant couché sur le flanc, les volutes de vapeur s'échapant du moteur en contact avec l'eau ressemblent à une respiration. Elle est vraiment imposante une fois couchée. Après avoir béquillé difficilement, je viens aider philippe pour la relever. Nous la redressons, la béquillons et elle redémarre. Pas de bobo, philippe n'a rien et la moto équipée des caisses ayant choisi un lit d'herbe pour se vautrer n'a pas une égratignure. Même l'étanchéité de la caisse immergée a été testée et approuvée. Nous enfilons enfin nos vêtements de pluie et repartons, la pluie s'est calmée mais nous accompagnera une partie de la journée.

Trempés comme des soupes, nous nous arrêtons dans un endroit improbable pour déjeuner. Le parking est désert et le bar restaurant semble clos. Nous poussons la porte et une femme toute douce nous invite à prendre place. 
l'endroit est incroyable c'est à la fois un hotel, un bar, un restaurant. La salle à manger est un immense jardin suspendu









mais c'est aussi une boutique vendant toutes sortes d'objets de décoration. Chaque rebord de fenêtre est le théâtre d'un univers digne d'un conte de fée. Dans chaque décor, les figurines sont mises en scène sur un support de mousse ou de tissu brodé selon le contexte. Cet endroit est très touchant. On se croirait dans une maison de poupée. 













sans oublier encore dans une autre partie de la pièce des peluches, des sujets, des décorations de noêl, des bougies, des alcools, des confitures et des parts de gateaux...
La petite dame, nous prévient, elle n'a pas grand choix dans la carte, en pleine semaine, elle n'a pas beaucoup de clients. Elle nous propose ce qu'elle a en cuisine : un ragoût de porc accompagné de carottes et de spätzles
nous visiterons le royaume de petite mamie la fée pendant le repas.

Nous entrons dans la forêt noire et là, au sommet une clairière se dégage nous laissant découvrir une immense vallée. L'allemagne nous a révélé ses charmes. elle nous a scotché. On ne s'attendait pas à un tel paysage.



Nous descendons vers cette vallée. Je connais maintenant l'origine du délicieux gâteau la fôret noire. La route de campagne traverse des vergers de cerisiers dont les branches viennent caresser le sol sous le poids d'énormes cerises noires.

Nous passons le rhin et avec lui la frontière Française, nous projetions de nous arrêter faire une photo de nous avec le panneau France mais c'est impossible sur l'autoroute.

L'arrivée en alsace se fait sous la pluie,







Nous trouvons un point de chute, puis une fois les affaires déposées nous partons à pied, nous promener dans l'un des plus beaux villages de France : Ribeauvillé









La chasse aux cartes postales n'est qu'un jeu d'enfants.
Nous nous posons dans une petite taverne sous une tonnelle de vigne pour déguster une bière locale et 
c'est après avoir rédigé la dernière carte postale et en collant la dernière étiquette adresse que je m'aperçois que dans ma précipitation des derniers préparatifs j'ai un peu oublié de vérifier les dites étiquettes de nos fils rouges : 
victime du copier coller abusif, le numéro de la rue s'est trouvé incrémenté de 1 à chaque duplication.... jafauneconnerie 
Pour l'une des destinataires, il lui faudra remonter la rue de son village pour récupérer l'ensemble de nos envois alors que pour celle résidant dans un quartier d'immeubles la tâche s'avérera compliquée.

Toute l'énergie déployée pour nos recherches de cartes postales est réduite à néant par cette boulette... pas fufut 

Une fois les tensions pas content 2 pas content 2 retombées, nous dînerons dans un petit restaurant d'un délicieux foie gras et d'une petite choucroute avec en dessert un moelleux au chocolat et un kougloff glacé. Nous avons réutilisé le Français volontairement et avec beaucoup de plaisir.
La France nous accueille ce soir et nous en apprécions les spécialités.
Demain, dès le chek-out, nous tracerons par l'autoroute sans prévoir d'arrêt en direction de notre domicile.
Ce soir, c'est la fin de notre périple. Nous sommes fatigués mais heureux d'avoir oser accomplir ce rêve : toucher de nos roues les rivages de la mer Egée.