Nous arrivons en fin d'après midi sur la place principale du village d'ortéhisar, au milieu de plusieurs cafés d'où une multitude de turcs amassés aux terrasses, sirotent le tchaï. Nos hébergeurs Cappadociens viennent au devant de nous dans ce dédale de petits salons de thé. Nous partons donc en reconnaissance à pied dans la ruelle descendant jusqu'à leur habitation. Comme l'indique Frédérique, la première épingle est facile à négocier, étant adossée par les murs des maisons. En revanche le deuxième virage longeant le vide en décourage plus d'un. Je suis boostée par l'idée de descendre moi même mon cheval devant le regard machiste et néanmoins hébété des hommes turcs qui sont déjà stupéfaits qu'une femme pilote sa propre moto. Guidée par la voix de mon coach emplissant mon casque et rassurée par sa présence à pied à mes côtés, je descends pavés après pavés. Mon arrivée devant la batisse 250 mètres plus bas sera acclamée par notre logeuse qui triomphalement à haute voix prononcera "ils n'ont pas fini d'en parler qu'une femme à moto à oser descendre jusque ici : Ça à de quoi leur clouer le bec !
j'avoue que de descendre dans cette impasse a été aussi excitant qu’angoissant, et qu'en mettant pied à terre, les jambes reproduisaient les tremblements d'un flat ! et oui mais l'impasse à la particularité de n'avoir qu'une seule issue : effectuer le chemin inverse le lendemain matin !
j'avoue m'être dégonflée pour remonter moi même ma strom devant les mêmes regards qui auraient jubilé de me voir échouer dans cette épreuve. Autant qu'ils restent sur mon exploit de la veille.
Je vous livre donc la vidéo matinale de la remontée de mon petit cheval par mon coach qui devra redescendre à pied et réitérer la manœuvre avec sa triple black !