Week end programmé en avril et déplacé début juin en raison des intempéries ayant rendu les terrains impraticables pour des véhicules motorisés non aquatiques.

Partis samedi matin avec une angine et 39° de fièvre attaquant ma motomotive j’ai donc eu l’occasion de faire l’ensemble du trajet en tête du convoi.

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pause déjeuner au bord d'un plan d'eau

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les vaches sont curieuses de voir deux consoeurs noire et blanche de l'autre côté des barbelés

 

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Journée tracée sur fond de carte blanche, les paysages champêtres de la seine et marne ont rapidement laissé la place aux collines boisés du Morvan puis des vignobles du beaujolais.

photo prémonitoire : 

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La fièvre aura raison de la vigilance arrivant à coucher le cheval noir lors d’un stop appuyé.

Une ferme auberge nous accueillait pour l’étape et pendant que l’un restait au chaud sous la couette, je battais la campagne en traquant les clichés du terroir.

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2eme journée entre beaujolais et les alpes. La fièvre a capitulé. La route soigneusement sélectionnée est faite de courbes délicatement parfumées de mousse des bois et de pâtures fleuries.

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Nous nous posons à Annecy pour flirter avec la foule dominicale se pressant le long du canal et nous nous trouvons un petit resto dans un recoin pour y déguster une salade des Aravis et une tartiflette… la journée de Lundi va être copieuse en exercices, et nous préférons faire le plein d’énergie pour ne pas risquer la crise d’hypoglycémie.

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Pour un hôtel fermé le dimanche, nous sommes accueillis par le personnel ayant fini leur service et sirotant un rafraichissement en terrasse. 

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Une fois les motos parkées, les douches prises, il est temps de prendre contact avec notre maître. Nous signalons notre présence et définissons ensemble l’heure à laquelle on passera nous chercher pour diner ensemble.

Nous avons partagé notre repas avec La petite famille. Les sujets de conversation ont bien sûr très vite révélés les passions des uns et des autres. Et puis nous sommes très vite tombés dans le vif du sujet : La maitrise de son véhicule quand le bitume fait défaut. Certaines photos sont même montrées confidentiellement afin de ne pas risquer de m’affoler. En regardant les stagiaires de samedi dont la 12 avait versée dans un chemin boueux, les roues semblaient avoir plus d’altitude que le dosseret de la selle.

Une bonne nuit de sommeil et hop, nous sommes fin prêts à affronter nos montures de cette journée hors des sentiers battus. Rassemblement des effectifs 9H00 devant le café de briefing.

Et après avoir revêtu les carapaces des tortues Ninja, les lunettes de Satanas et le casque de Caliméro, nous enfourchons nos charrues pour aller labourer les chemins qui cracheront poussière et cailloux sur notre passage. Le paysage défilant sous les TR91 est décortiqué au moindre changement de structure. Chemin blanc, nids de poule vides, ornières, herbe, nid de poule garni d’eau. Le slalom est divers et varié et les conseils simples mais efficaces.

Nous voici dans une ancienne carrière de pierres. Les premiers tours de roues se font sur des œufs - nostalgie des nids de poule! -

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Partout le sol est jonché de gravillons, de poussière, d’ornières de cailloux. Mais déjà pour monter sur le plateau, il faut remonter un torrent de pierres sur un dénivelé de 3 mètres.  A 10H00 ce raidillon est un réel obstacle. Une fois hissés sur la plateforme le béquillage est même délicat. Puis les explications fusent. Les consignes sont données et les exercices pratiqués en démonstration. Le but de ce premier exercice et de voir brut de pomme nos positions à chaque franchissement de balise. Puis le maître de stage nous arrête pour nous faire un premier bilan : la position de nos épaules n’a pas un défaut majeur. Il reste à corriger la position du bassin et le poids du corps à basculer. A réfléchir sur la position de nos corps on oublie la surface sur laquelle on évolue.

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Les exercices se succèdent. A chaque explication une démonstration s’en suit. Assis, debout, on complique le parcours, on resserre sur les balises. Pas touche au freinage juste l’embrayage sert à modérer son allure. On corrige les exercices au fur et à mesure. La trajectoire est le fil rouge de cette matinée. C’est le pilote qui choisi son iti et non le poids de la moto qui décide. Déjà en 1 heure d’exercice les cuisses brûlent. Encore quelques tours de parcours et nous quittons la place pour une balade en direction du déjeuner du midi.

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La matinée est passée à la vitesse de l’éclair. On nous guide sur une ancienne voie ferrée à travers la montagne. Les cailloux blancs ont relayé les rails.

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Le panorama sur la vallée du Rhône est grandiose sous ce ciel azuré.

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C’est le tour des sous bois avec ses petits chemins herbeux au centre encadrés par les ornières grasses. Là encore explications et conseils font foison.

 

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Nous arrivons dans un petit village où nous attend une petite cantine locale. Madame nous a rejoint pour partager notre pitance et les conversations. Monsieur part demain au Maroc pour 1 semaine de stage, et il n’est pas négociable de séparer les oiseaux ½ journée plus tôt. Après la dose de caféine, il est grand temps de reprendre les leçons en selle pour retourner au gymnase par d’autres chemins plus humides que ceux du matin. Nous traversons maintenant une zone de sous bois. La terre battue des chemins devient très sombre. On apprend vite à lire le terrain. On écarte quelques branches avec le casque et de nos coudes on peigne quelques ronces cherchant à retenir prisonnier les voyageurs empruntant les sentiers. On a bien fait de troquer notre équipement contre les costumes de football américain. Et voila, le chemin est maintenant barré par une mare à sanglier d’une vingtaine de mètres. Il faut franchir l’obstacle. Là encore le maître n’est pas avare de conseils avisés. Ne pas sous-estimer ce que peut resceller le fond de cette eau noire. Trou, gros cailloux, branches. Dans certains cas il vaut mieux mouiller ses pieds pour aller vérifier la meilleure option. Préferer le centre de la mare plutôt que les abords. Le sol y sera moins glissant que sur les rives. Il traverse en tête puis nous guide une fois de l’autre côté. Philippe se lance.  Impeccable traversée. J’ai beau regarder derrière moi il n’y a personne. A qui s’adressent les deux hommes attendant de l’autre côté de l’océan ? ha c’est mon tour ? Faut y aller, en gardant le regard sur les bras tendus indiquant la voie à suivre à la manière des aiguilleurs de piste d'atterissage (il ne manque que les raquettes de pingpong..) je ravale mes émotions et appuie sur le champignon de mon hors bord. Youhou l’eau s’ouvre devant mes roues ! Ha oui mais non ! pas comme ça beaucoup trop vite ce passage ! Quoi moi rouler trop vite ? Devant un tel obstacle ? Alors ça c’est une victoire! Au milieu de nul part, il vaut mieux être prudent. Cette flaque aurait pu être piégeuse. Sans connaissance du terrain il faut vraiment être sur le qui vive et ne pas jouer les kakous. 

En arrivant sur la carrière pour reprendre les exercices le torrent de cailloux n’est plus qu’un lointain souvenir d’obstacle. Mes barrières sont tombées. Nous attaquons l'après midi par les freinages. Penser impérativement à déconnecter l’ABS et l’anti-patinage de nos bestioles. Sentir le blocage de la roue arrière.  Aucun danger dans le freinage si on est sur une trajectoire rectiligne et le corps bien dans l’axe. Une fois quelques dérapages effectués on va maintenant s’attaquer à filer des baffes à des pneus qui traînent sur le parcours. Baffes de la roue arrière en maitrisant la chose par un freinage musclé jusqu’à la limite du blocage suivi à quelques millisecondes d’un changement de direction. On va par ce biais chasser la roue arrière et venir shooter le pneu. Ah ça c’est ludique et on se prend vite au jeu de l’exercice.

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Nous effectuons ensuite des blocages de roue avant. Le principe en est simple et le but est de sentir l’évènement pour pouvoir l’anticiper. Notre freinage est maintenant beaucoup plus efficace et les gravillons une surface comme les autres. Oh ! un 4x4 s’annonce. Elle a terminé son boulot et nous rejoint pour le reste de l’après midi. Décidément certains oiseaux sont inséparables. Voila que lors d’un pied à terre le maître oublie de béquiller la douze et elle git maintenant sur le sol. Exercice d’haltérophilie maintenant. Les techniques sont variées pour soulever de terre l’enclume. Guidon inversé face à la machine le dos est fortement sollicité. En revanche dos à la machine, la selle calée sous les fesses la force vient des cuisses et non du dos. Le maître exécute l’épaulé jeté comme s’il s’agissait d’une trottinette. Puis Philippe tente l’aventure. Victoire du premier coup : 

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Et c’est à mon tour. Je me prête à l’exercice à la condition d’un garde-fou sois derrière moi. Je crains de passer le point d’équilibre et verser sur l’autre flan. Je me calle, relève doucement. Une aiguille s’enfonce dans mes reins. Je poursuis l’effort rapidement. Bien qu'elle repose maintenant sur sa béquille, je ne suis pas satisfaite de moi. Je m’y suis mal pris, je souhaite refaire l’exo, la douze est à nouveau à l’horizontale. J’ai bien analysé le point défaillant dans mon premier mouvement, je ne me servais pas des cuisses comme il fallait et le dos était trop incliné. Je reprends mes positions et relève facilement les 200kg de métal. C’est une victoire de plus aujourd’hui !

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Après un petit coup d’eau, on reprend les exercices de freinage, de virages serrés suivis d’accélération à faire gicler les gravillons.

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Et me voila aussi giclée dans les gravillons, l’utilisation de la poignée de frein au mauvais moment de la courbe et la sanction est immédiate. Je me vautre la face contre le sol, mon talon gauche venu taper fortement le plancher pour essayer de redresser la situation a pris un méchant coup (la douleur m’accompagnera pendant plus d’un mois) et la 650 est amputée d’une poignée d’embrayage ! C’est l’occasion pour le coup de changer de monture. Je suis contrainte de reprendre l’exercice avec la 12, Philippe passe sur la 800 et le maître conserve la 650.

2 petits tours de pistes seulement à jouer au dérapage contrôlé. Mes pieds touchent à peine le sol. Que fais-je sur cette girafe ? Changement de décor, il est temps de partir sur d’autres surfaces maintenant que nous maitrisons l’équilibre, le lent, le rapide, les freinages les dérapages sur un plan horizontal. On attend de nous un peu plus de relief. Il faut redescendre le torrent de cailloux. Le couple descend en tête, et  JP remonte à pied pour fermer l’accès au plateau. La 800 se lance dans le goulet et vient se positionner en attente derrière la 650. C’est au tour de la 12 de descendre et l’endroit où je décide de poser l’un de mes orteils est encore 10 cm plus bas… hoooooo pt’1 ça penche…. A peine le temps d’alerter pour faire place à mon vautrage, j’ai bien cru que la 800  allait partir au tas avec moi. En ¼ d’heure j’aurais couché 2 bestiaux… je reprends la petite même avec un doigt de course d’embrayage, je m’en sortirai mieux que perchée sur cet escabeau. C’est encore une petite promenade sur un terrain très accidenté, où notre instructeur prendra plaisir à jouer les funambules « attends, j’essaye un truc » Attend-il de nous des acrobaties similaires ? Monter sur des buttes, puis en descendre après un virage le plus court possible l’un derrière l’autre. Ou bien franchir sur un dévers une double bosse en chameau garnie d’une mare de boue. Notre exercice consiste à franchir en montant ces montagnes russes puis de refermer la boucle en empruntant l’autre accès plus doux. Décor planté entre un étang et rochers bordant en haut le chemin boueux.

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Puis on inverse le sens des aiguilles. L’exercice me semble facile. On me dira ensuite qu’on ne m’imaginait pas pratiquer sur un tel terrain. Et nous reprenons le petit train à travers creux, dévers, bosses, rochers et boue. Direction le pain de sucre maintenant. Nous voilà au pied d’un monument de 10 mètres de dénivelé. On pose les béquilles et on part en reconnaissance au sommet de la butte. Dans un terrain inconnu il faut toujours prendre le temps de repérer le passage. Au sommet se tient le breafing : on monte, en donnant un petit coup de gaz au départ de l’inclinaison et on vient se poser là en équilibre. Puis on amorce la descente, on freine avec l’avant dans cette situation (???)

Arrivés au rez de chaussée, il faut tourner immédiatement à droite dans le 2ême chemin, parce qu’ en face c’est du sable (….) Mouai…. Je le sens moyen jusque là ce passage… allez je vous montre la fin du circuit. Suivez moi on redescend côté motos. Derrière le bosquet apparait la mer…… un passage à gué de 20 mètres de long !!! surtout, ne pas prendre le 1er chemin vous traverseriez à l’endroit le plus profond, ne pas rouler dans le milieu cet hiver les 4X4 ont trop joué et le centre est rempli de vase….. il faut rouler le long de la berge garni de ronces pour n’avoir que 40 cm d’eau ….. La succession de difficultés rapprochées de ce dernier obstacle aura eu raison de mon audace ! Je renonce à cette expérience. Tout le monde comprend mon refus et personne n’insiste. Les filles s’installent face à la mare et nous admirons le spectacle pendant qu’un paparazzi sur l’autre face du pain de sucre mitraille Philippe enchaînant les passages.

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Pour clore les exercices il nous faut maintenant piloter sans les mains, assis et debout.

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Et nous reprenons le chemin du retour en traversant les plaines et les bois et d’autres tourbières. Là encore, stop devant l’obstacle, observation du terrain, prise de décision

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 Philippe annonce je prendrai là. Ok fais nous voir. La suite en images… 
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quant à moi je passerai là

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et c’est passé un peu à la mode canard mais ça c’est fait.

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Puis une fois le sous-bois avalé nous attaquons les chemins verts. Là JP part en trombe en nous abandonnant sa sacoche gauche.

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Bon et bien voila Philippe chargé d’un ballot supplémentaire calé tant bien que mal entre ses genoux sur le réservoir.

 

 

 

 

 

JP nous attend à l’entrée du chemin, récupère son paquetage et la petite troupe reprend son mouvement. Quelques chemins blancs le long du Rhône; quelques kilomètres de bitume où la moto de tête se défend de rouler préférant les bas côtés, les rebords de pont ou autres talus. Une fois rentrés à l’écurie, le propriétaire des lieux nous passe les semelles au karcher. Mes bottes ne sont vraiment plus étanches. Nous rejoignons Christine rentrée elle en 4roues. Un petit coca de débriefing et encore quelques conversations animées de nos passions communes, projets à court et long terme. Il est grand temps de laisser nos hôtes se préparer pour une longue semaine de séparation.  

Nous rentrons à notre hôtel, pour une bonne douche indispensable, un petit dîner de spécialités du terroir et un gros dodo bien mérité.

Nous tracerons la route le lendemain par le grand ruban. Redoutant les péages et les pauses, où il fût bien douloureux de lever les cuisses pour libérer les cale-pieds du poids de nos bottes.

Nous sommes à 15 jours de notre virée en Espagne, où nous allons mettre à profit les conseils et les acquis de notre week end.

Merci Jean Pierre, Merci Christine pour ce formidable week end. On recroisera nos destins avec grand plaisir.

Plus qu’une journée d’apprentissage nous avons rencontré un couple d’amis.

 

pour ceux qui souhaitent prendre contact avec eux : 

http://www.jpgoy.com/jeanpierregoy/jpgoystages/index.htm

et 

http://www.christinegoydiffusion.fr/

 

 

 

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