- "Comment ça un stage cet aprem? ben non moi j'ai piscine et patinoire"

Et voila comment la séance a débuté par téléphone, Lundi en fin de matinée dès notre arrivée à Flévieu

Tous les 2 ans maintenant nous partons découvrir le monde hors de nos limites. 

Nous entamons les préparatifs 2016 par une séance de training tout terrain chez Jean-Pierre GOY. 

Le coach nous a réservé deux après-midi de son agenda en cours particulier; et à notre demande, va nous en faire voir de toutes les couleurs.

Le menu est chargé : piste roulante piégée de trous d'obus, freinage sur graviers, trajectoire au lent, montées, descentes, devers, cailloux, sable, herbe, sillons, ornières de boue, passage de gué, franchissement de bauges à sangliers,  

C'est notre deuxième passage dans ses roues, et depuis Mai 2013, nous avons fait un bout de chemin sur des terrains variés bien loin du bitume et autre asphalte. Même si nous ne cherchons pas à sortir véritablement de l'infrastructure routière, il nous est parfois indispensable de connaitre les techniques de franchissement de passages "non revêtus". Les routes dans certains pays sont mal entretenues ou en travaux sur des dizaines de kilomètres.

Et puis pour 2016.... il y aura des endroits où il n'y aura pas d'autre choix que les pistes. Il nous faudra affronter le sable et la boue. Ces 2 éléments n'étant pas du tout notre fort, il faut bien envisager de se préparer avant d'y être confrontés.

En fin de matinée, après avoir allégé Altaï de ses accessoires bagageries et parés de nos vestes de tortues ninja, nous partons avec Christine comme poisson pilote retrouver son cascadeur de mari installé à la terrasse d'un petit resto en compagnie de son stagiaire du matin. Sylvain est aussi à sa deuxième séance. Nous découvrons que nous nous connaissons virtuellement, et le dialogue s'installe rapidement à travers nos expériences et nos voyages respectifs.

Une fois les estomacs remplis nous partons direction le terrain d'entraînement à travers les chemins à un rythme déjà bien soutenu. JP nous demande de le suivre à moins de 5 mètres de sa roue afin de prendre exactement la même trace que la sienne. A la première croisée des chemins, il s'arrête net.

Panique mentale....

recherche cérébrale de souvenirs...

comment s'arrête-t-on sur un support instable poussière/graviers/cailloux....

Ah oui le frein arrière ! idee.....

Oh la vache ! Comment décrire l'arc de cercle réalisé par l'arrière de ma moto sur les quelques mètres où la roue arrière était bloquée? Une belle courbe par laquelle l'arrière était bien décidé à doubler la roue avant.... un peu comme un arrêt au frein à mains sur un parking recouvert de neige fraiche avec la première voiture du jeune détenteur de permis B (ha là je crois que ça parle à tout le monde)

Altaï a stoppé et est restée perchée sur ses crampons à la grande surprise de JP (heu et aussi de la mienne) s'en suit un béquillage et une crise de fou-rire général. Purée de 1er quart d'heure !

Une fois sur le terrain, nous attaquons les exercices de trajectoires serrées autour de cônes afin de corriger le placement de notre corps. 

WP_20150907_030WP_20150907_031

 L'échauffement continue par des exercices de montées raides et courtes suivies de virages serrés pour redescendre les raidillons à contre-sens et toujours à moins de 5 mètres du tracteur de tête. Evitemment de quelques petites flaques d'eau faisant office de cônes, et encore une montée bien raide suivie d'une descente en pente douce vers .... une mare... jusque là tout allait bien .....

mare terrain

Le contournement de la mare ne s'est pas vraiment passé dans le sillon du guide. Un écart du regard, une erreur de trajectoire, la roue avant effleurant l'eau boueuse et plouf ! 

 

WP_20150907_033

WP_20150907_034WP_20150907_035

Bon reprenons : le coach avait bien dit patinoire et piscine ! c'était pas une plaisanterie.

Allez, même pas peur et surtout pas de bobo alors les rires sont encore fournis. 

Je dois maintenant retourner à l'eau puisque je ne suis qu'une soupe pour aller repécher Altaï qui a eu la délicatesse de se poser sur le fond vaseux de la mare. Admirez avec quelle précision mon petit cheval a géré l'affleurement de la surface de l'eau par l'orifice de son pot d'échapement ! Une fois débourbée, elle redémarre très rapidement évacuant par des quintes de toux quelques postillons, stigmates d'une noyade évitée de justesse.  

boue

Bon et bien on reprend la route du QG pour changer de tenue par une plus sèche et après rhabillage, rinçage de la 650 et lessivage au jet des bottes et du pantalon, ceux sont les sentiers de chèvres à travers la montagne qui font office de terrain de jeux.

WP_20150907_039

Les chemins offrent un panel de substrats riches et variés pour apprendre et faire ses armes. 

WP_20150907_042

Les sous bois nous proposent maintenant un terrain un peu plus gras et viennent rapidement les grandes flaques d'eau noire peu accueillantes... Mais pourtant il faut rouler dedans, en les évitant on n'apprend rien. 

Pour chaque franchissement, le coach descend de son tracteur pour nous expliquer les techniques à utiliser. il est toujours là appareil photo prêt à dégainer, et bienveillant en sécurisant chaque début de chute (Merci Jean-Pierre)

WP_20150907_044 

WP_20150907_050

WP_20150907_058

 

après cette demi-journée bien remplie nous reprenons le sentier de halage direction la base.

WP_20150907_061

Les chemins de pierres coupantes ont eu raison du pneu arrière de la sertao.  Arrêt au garage du village pour demander la réparation avant le lendemain fin de matinée afin que l'outil soit opérationnel pour la 2eme partie de la séance.  

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, nous reprenons l'entrainement. Point de départ le petit resto où nous retrouvons à nouveau Sylvain pour le déjeuner puis après le plein des réservoirs nous repartons pour une "balade" dans l'arrière pays. 

Le rythme est très soutenu mais nous suivons toujours dans la roue du coach ! haha difficile de nous semer maintenant.

là s'enchaînent les différents ateliers de technique trialisante pour descendre les chemins le kilomètre cailloux est franchi avec une certaine aisance - bon je fais quand même ma crisette quand il est question de le faire en montant...

Plus de 100 bornes ont été écumées en moins de 3 heures ! 

il nous manque maintenant le passage du gué et le redoutable sable.

Dans la première rivière, le coach passe pour tâter le terrain puis revient vers nous en nous expliquant que le niveau d'eau est très important, qu'il serait plus prudent pour nous de renoncer à celui-ci. C'est lui le patron nous nous rangeons à son avis et poursuivons vers un deuxième passage, et la traversée se fait sans encombre même si le lit est composé de petit galets ronds recouverts d'algues glissantes. Non non non, je n'ai pas pris de bouillon cette fois çi.

L'après midi touche à sa fin et nous voici maintenant sur une surface que nous découvrons pour la première fois. 

les conseils avisés de JP pour nous voyageurs nous permettent d'appréhender la sensation de lourdeur de ce sol. 

Même si dans le sable nous y avons laissé quelques empruntes de pas mais aussi de moulage des motos à la mode chateau de sable nous avons vraiment appris à nous dépatouiller dans cette semoule. 

WP_20150908_023

 

WP_20150908_027

WP_20150908_029

Que dire de plus pour vous convaincre de franchir le pas en s'inscrivant à une cession : 

Que chaque exercice ou passage est expliqué en amont avec les difficultés qui seront à franchir et comment on doit réagir, qu'entre chaque transition, nous assistons à un spectacle du cabri qui joue avec son tracteur 1200GSA.  Chaque aspérité de terrain est source d'une roue avant, d'un dérapage ou d'une cascade. Que des conseils mécaniques sont aussi prodigués afin de ménager les montures. Que l'humour, et la convivialité sont les virgules de ses commentaires et que sa gentillesse et celle de sa femme fait rapidement d'eux un couple très attachant. 

Ah encore un conseil, profitez de son vestiaire pour ne pas risquer de rentrer mouillé une fois le stage terminé. Il met à disposition l'ensemble de la tenue de sécurité ! bottes étanches, vêtements coqués, gants, casques et lunettes. Et si vous ne souhaitez pas ruiner votre monture, vous pourrez en louer une du même gabarit ou bien plus petite pour apprendre plus aisément.  Alors foncez chez Jean Pierre GOY : www.jpgoy.com

Merci Jean Pierre pour les pas de géants que nous avons faits grâce à tes conseils, tes instructions, ta patience et ton dialogue adapté à notre caractère individuel. C'est avec un grand plaisir que nous avons appris à ton contact.