07 juin - Etape 10 : lefkas (Grèce) - Durrès (Albanie) - 414 km



La nuit a été difficile. Nous avons eu beaucoup de difficultés à trouver le sommeil. 
Pourtant le repos aurait été appréciable pour notre étape du jour. 
Météo : 


Petit déjeuner copieux, check-out vers 8H30, embrassades chaleureuses avec sa femme et Andréa victorieux, qui nous présente sa pêche du matin. 



Nous quittons lefkas en ayant soin de prendre des provisions pour avoir de quoi se nourrir ce midi en Albanie. Surtout ne pas avoir à chercher au dernier moment de quoi reprendre des forces.

C'est maintenant gonflés à bloc, que nous empruntons le pont flottant pivotant reliant l'ile de Lekfas et le continent. 




(ndlr : ces photos ne sont pas de nous)

Albanie, nous voici.

Le Nord de la grèce redevient montagneux, nous voyageons accompagnés par les nuages gris. Nous jouons à enfiler les combines et les retirer 10 km plus loin. 3 à 4 fois dans la journée.

La civilisation disparaît sur les derniers kilomètres de Grèce. Plus une seule habitation, pas un seul véhicule.
Nous apercevons au loin dans un col des bâtiments. La frontière est là. 
L’Albanie se cache sur l'autre versant





Le passage de la douane est une vraie formalité, sortir tous les papiers, les douaniers font le tour des véhicules avec l'air inquisiteur, puis se détendent et nous échangeons quelques mots sur notre parcours affiché sur les caisses. De l'autre côté des grilles rouillées, quelques hommes en tee-shirt élimés, pendent en grappe, suspendus par leur bras à la manière de grands primates. Certains doivent attendre de traverser la frontière vers un quelconque eldorado. L'ambiance est surréaliste, triste, lugubre. 



Enfin l’Albanie.

le pays semble très austère, 





le vent balaye la poussière, la chaleur humide de l'orage donne un gout à notre respiration. la route est très correcte les 20 premiers Km. Pays pauvre où les femmes travaillent aux champs, mais quand l'orage menace, monsieur vient les chercher en Mercedes flambant neuve!!!
Nous croisons beaucoup de barrages de police installés dans l'autre sens de circulation. Notre regard croise d'étonnantes constructions en béton alignées dans les champs : Les petits igloos sont en fait des bunkers !!!










Nous longeons la rivière Drinos aux reflets d'opaline. Sur ses berges asséchées et poussiéreuses, les bourrasques de vent soulèvent des tempêtes de sable. 






(ndlr : cette photo n'est pas de nous)

le pays est tellement poussiéreux qu'à chaque entrée de ville ou village il y a une station carwash :

(ndlr : ces photos ne sont pas de nous)

Nous traversons maintenant des champs parsemés de puits de pétrole en activité l'odeur acre de goudron et d'or noir nous imprègne.








(ndlr : ces photos ne sont pas de nous)

Puis la route disparait, il n'y a plus d'asphalte. 
La route est un chantier discontinu ou des gros engins creusent, poussent des graviers, déposent du sable. l'enfer sur au moins 30 Km impossible d'arrêter les motos, il faut qu'on avance.




(ndlr : ces photos ne sont pas de nous)

On se pose 5 minutes dans une station service. Nous négocions un peu d'essence pour 20 Euros avec le pompiste qui avec ce montant nous rempli quasiment les réservoirs(???) en échangeant ses opinions politiques avec nous : SARKOZI = BERLUSCONI. Au bout du monde voila l'image que représentent les Français...
il est 15H. il est maintenant inimaginable que l'on soit à Durès pour dormir ce soir.
L'angoisse monte. Autour personne ne parle anglais, nous finissons par comprendre les propos de l'ouvrier nous disant que les travaux sont encore sur 1 km et qu'ensuite nous retrouverons une route.
ce dernier kilomètre est un enfer. 
Nous remontons le long du chantier en rasant à moins de 50 cm des caisses des monstres d'acier poussant en mode chasse-neige des graviers sur une épaisseur de 40 cm.
c'est Philippe qui me drive, 50 mètres devant, en maîtrisant son équilibre dans ce sol meuble mais aussi en ne lâchant pas la Strom du regard dans son rétro. Hurlant de conseils du style : ton regard loin devant, mets toi debout sur les cale-pieds, maintiens ta vitesse, où je suis, le sol redevient dur, tu y es presque, allez...

...Quand tu traverses l'enfer, continue d'avancer...


ici de quoi vous faire partager un peu de poussière :

 


Albanie "routes" : Plutot des morceaux de route... travaux discontinus, poussière, vent, pluie, enfin durès.

il est 18H30 bientôt 10 heures que nous roulons, nous n'avons même pas eu faim sur la route, la tension était trop forte pour avaler quoi que ce soit.
Nous nous posons dans le premier hotel qui nous parrait convenable pour 30€ La nuit avec petit déjeuner. 
(parking gardé, wifi, TV, frigo, et restaurant sur la plage)



La saison estivale n'est pas encore commencée. L’hôtel n'est pas fini ! Des ouvriers s'affairent encore dans l'entrée, les cables et robinets sont apparents dans la salle de bain. 









petite douche puis balade dans le quartier, à la recherche de cartes postales pas content 2 
Nous sommes dans un quartier sans vie, des bâtiments en construction, des petits hôtels, des petites boutiques vendant des articles de plage. Le centre ville animé est trop loin à pied. Au bout de l'avenue, un terrain occupé sous les ponts de "l'autoroute" par des roms, dont les enfants noirs de crasse, font la manche et mendient auprès de chaque voiture arrêtée dans la circulation du carrefour.
Inutile de s’aventurer plus loin, nous regagnons l’hôtel sans cartes postales. Nous renoncerons à notre fil rouge dans ce pays. 
Nous dînons dans le petit restaurant sur la terrasse de l’hôtel face à la mer.
le serveur nous amène la carte généreusement garnie de toutes sortes de plats.
il se doit d'ajouter : No Meat, No fish, No Pizza... 
Ok So, What do you have to eat ? 
Pasta..... la vache! 
va pour des pâtes à la bolognaise et des pates aux crevettes Exclamation 
pour les vins nous nous laissons guider par notre serveur, qui nous vante les qualités des vignobles albanais... Mort de rireMort de rire et nous nous laissons séduire par une cuvée locale lol! 
Attention les yeux, le serveur se prend pour un grand sommelier, il a dû faire une école hôtelière sérieuse et nous sert notre piquette dans une carafe à la manière d'un grand bourgogne : pas moins....
Faudra essayer avec du gros rouge qui tache si une fois chambré et touillé dans une carafe, on le transforme en Romanée conti.
Nous avons passé un excellent moment de détente, même si ce repas n'avait rien d'exotique et ne doit certainement pas refléter la cuisine traditionnelle albanaise.

Il nous reste encore 200 km à faire demain pour sortir de ce pays. Maintenant qu'on sait à quoi s'attendre, la nuit ne va pas encore être simple.
La journée a été extrêmement difficile pour moi. Qu'importe : le sens froid de Philippe et son courage m'ont portés jusqu'ici où sans lui j'aurais craqué depuis bien longtemps.

 

 

le Nord de la grèce redevient montagneux, nous partons accompagnés par les nuages gris. Nous jouons à enfiler les combines et les retirer 10 km plus loin. 3 à 4 fois dans la journée.

Le passage de la douane est une vraie formalité, sortir tous les papiers, les douaniers font le tour des véhicules avec l'air inquisiteur, puis se détendent et nous échangeons quelques mots sur notre parcours affiché sur les caisses. 

Enfin l'albaniefrontière GR-AL2

le pays semble très austère, le vent balaye la poussière, la chaleur humide de l'orage donne un gout à notre respiration. la route est très correcte les 20 premiers Km. Pays pauvre où les femmes travaillent aux champs. Quand l'orage menace, monsieur vient les chercher en Mercedes flambant neuve!!! Nous croisons beaucoup de barrages de polices installés dans l'autre sens de circulation. Notre regard croise d'étonnantes constructions en béton alignées dans les champs : Des Bunkers !!!AL - puits petrole

Nous traversons des champs parsemés de puits de pétrole en activité l'odeur acre de goudron et d'or noir nous imprègne.

 

 

 

 

 

AL routePuis la route disparait, il  n'y a plus d'asphalte. La route est un chantier discontinu ou des gros engins creusent, poussent des graviers, déposent du sable. l'enfer sur au moins 30 Km impossible d'arrêter les motos, il faut qu'on avance. On se pose 5 minutes dans une station service. . Nous négocions un peu d'essence pou 20 Euros avec le pompiste qui avec ce montant nous rempli quasiment les réservoirs(???) en échangeant ses opinions politiques avec nous : SARKOZI = BERLUSCONI. Au bout du monde voila l'image que représente les Français...

Autour personne ne parle anglais, nous finissons par comprendre les propos de l'ouvrier nous disant que les travaux sont encore sur 1 km et qu'ensuite nous retrouverons une route

 
albanie route Plutot des morceaux de route... travaux discontinus, poussière, vent, pluie, enfin durres.

AL - hotel durresNous nous posons dans le premier hotel qui  nous parrait convenable pour 30€ La nuit. L'hotel n'est pas fini, des ouvriers s'affairent dans l'entrée, les cables et robinets sont apparents dans la salle de bain. 

Qu'importe, le sens froid de Philippe et son courage m'ont portés jusqu'ici où sans lui j'aurais craqué depuis bien longtemps.